28/11/2005

Lettre à celle qui se reconnaitra si elle passe par là

lettre sans adresse malheureusement, car les mots ternes d’une feuille de papier sont souvent plus brillants que ceux d’un écran lumineux …

je ne sais pas par où commencer …

par les mots ? par la nuit, par les promenades et les pas perdus mais gagnés à la vie ?

par « j’irais pas crever » en musique depuis peu et en boucle, en boucle et la faim, l’amour la rage de vivre qui s’en arrache

par la légèreté, celle décrite dans « la folle allure » dont tu ne m’a finalement pas parlé

par les mots qui dansent le plus, qui courent partout en moi et me font courir aussi

par ce réveil au printemps dernier à la vie, au bonheur, à la folie à l’ivresse, le cœur ouvert comme jamais, par toutes les redécouvertes de ce qui était en moi depuis si longtemps et pourtant …. l’écriture, les promenades, la joie la joie la joie, les rêves, la folle allure du grand jour  d’Eluard …

je suis plongée dans tes mots bleu nuit, dans tes froid mots bleus et je repense au froid aux pieds du temps de neige de ce midi et j’aime le froid le frais, le rouge aux joues la givre le verglas, grelotter la buée la vapeur blanche du chant …

je ne sais plus où aller dans mes pensées et la fatigue arrive

 

(il y a aussi la tristesse d’un ciel bouché que même des murs en flammes n’effondrent pas, si le moyen est mauvais, l’envie est là ….

et où on va … ?)

24/11/2005

Matin givré

tout est gelé autour d’elle

et le givre la couvre déjà

mais elle marche d’un bon pas

car la nuit, la ville est belle

le froid lui pique les orteils

le vent la gifle, elle luit sourit

elle, elle caresse la nuit

qui, encore dans le noir, sommeille

elle verra s’éveiller les passants

et la lumière emplir les rues

pour l’instant le monde est à nu

et elle, personne ne lui ment

elle croise des chats, des ombres

et le tout début d’un marché

et les palettes entreposées

qu’on laisse là, dans un coin sombre

elle se chauffe de ce feu de vie

pour survivre dans la nuit

car si la nuit, les chats sont gris

le matin, le monde est joli

18/11/2005

Pirouette

 

un sourire a éclot

dans le creux de tes lèvres

suivi d’un autre et bientôt

c’est le rire qui s’élève

y’a les pieds qui s’emballent

qui partent à l’aventure

ils s’enfuient, se font la malle

le cœur suit, s’emplit d’air pur

 

on a du mal à revenir

de ces rues qui sillonnent

c’est un peu comme de lire

la poésie qui bouillonne

c’est comme jouer sous la pluie

se laisser porter par le vent

trempée mais plus pas les soucis

du chocolat entre les dents

 

mais on en revient tout de même

pour vite y repartir

comme on se quitte plusieurs semaines

avant de revoir ton sourire

13/11/2005

Sans se cogner la tête

sans se cogner la tête

je ne veux plus m’enfuir

courir à tout hasard

sur une route définie

je voudrais m’envoler

inventer un plafond

qui adopte le vent

laisse entrer les nuages

y courir en marchant

y chanter en volant

sans tomber de douleur

en oubliant l’envie

je veux crier la vie

et rire de son rire

sans se cogner la tête

aux parois des prisons

aux filets de l’ennui

laisse entrer les nuages

mais prends garde pourtant

de n’pas tout inventer

car la réalité

peut guider tes images

 

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