31/01/2006

Ronde

j’ai tout réappris, tout compris

fais le tour de ma tête

bâti des empires, construit des sourires

j’ai aimé le vent

le ciel et ses couleurs

les fleuves et ses odeurs

j’ai compris tant de mots

qui trottent dans ma tête

je les ai mélangé

je les ai assemblé

j’ai fais de belles rencontres

au hasard des vents,

au hasard du temps

j’ai lutté coûte que coûte

contre la morosité

je crois qu’j’me suis noyée

quelqu’un m’a repêché

ou un groupe, des années

et je suis repartie

dans la vie

22/01/2006

Quais

 

pour l’odeur de la mer

le vent qui me porte

la vie retrouvée

la vie en chantier

 

pour les pas qui s’envolent

les fleuves que je traverse

les bateaux à monter

et l’air dans les pensées

 

j’étais là, je le suis

demain je le serai

j’aimais ça, et même si

ce sera du passé

 

pour le nez au vent

le soleil de ce jour

le bateau du retour

et le tournis d’ivresse

 

cette nuit, je courrai

demain, je sourirai

et les temps qui arrivent

oui, moi, je les vivrai

 

05/01/2006

Destination connue

debout devant un si grand mur

debout depuis longtemps

toi  tu rêvais de t’enfuir

et c’est là le moment

 

debout devant ton futur

qui ne veut pas de toi

tu tentera ta chance ce soir

en l’avenir tu as foi

 

 

un mur en briques d’heures

de tempêtes, de soleil

un mur battit de la douleur

de ceux qui tombèrent la veille

 

un mur plein d’amertume

de peur, de cruauté

tu le sais, il sera dur

ce mur à traverser

 

 

quand la mer est passée

le désert vaincu

la vie reste à défiler

oui la vie continue

avec ses sacs de cruauté

son injustice nue

avec son manque de papiers

la police à l’affût

la peur dans l’escalier

les travaux à mains nues

et celle qui criait « liberté ! »

vous chasse dans la rue

ou vous envoie dans le passé

destination connue …

02/01/2006

Mer

au fond de la mer,

au fond de son sourire de guerrière

je vois tous ces bateaux pleins,

ces barques d’espérance

je voudrais leur conter les histoires de ces hommes

venus de loin, partis pour tout

tout oublier, tout laisser, tout vider

 

la misère est camouflée,

cachée aux passants

repoussée, renforcée

 

mais les barques continuent leurs chemins

et malgré les tempêtes de plus en plus violentes

malgré une terre déchirée …

qui le sera moins que l’autre

 

mais les palissades s’effritent

et on voit au travers

au fond des rescapés de la toute dernière guerre

des passages du rideau de fer ou d’air

on voit les vestiges du sourire de la mer  

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