18/05/2006

Tempête

c’est la tempête

y’a plein de vent dans les branches

le hamac se balance

c’est la tempête qui commence

j’essuie des gouttes de pluie

et tout dégringole d’un coup

des seaux, des mares,

des sorts de marabou

et je la prend à bras le corps

dans ma tête

je suis assise là, je vous regarde

mais la tempête est dans ma tête

et je parle aux giclées de vent

qui cogne aux carreaux

vous êtes contents d’être bien au chaud

moi je trépigne de sortir

car vous voyez

c’est la tempête

14/05/2006

(?)

elle a fermé ses volets

elle a remis la couverture

et s’est enveloppé dedans

 

elle avait froid ou bien peur

un hiver dans le cœur

elle s’est blottie encore plus fort

 

et quand les larmes ont coulé

elle les a essuyé

elle ne savait pas pourquoi

 

le monde tout autour d’elle

était devenu gris

et sa place se perdait

 

elle ne savait plus son nom

ses craintes et ses joies

ses horizons …

 

alors elle a fermé les volets

elle a remis la couverture

et s’est blottie dedans

09/05/2006

Le flot fouillis

il a plu longtemps sans s’arrêter, sans oublier

sans craindre que le soleil ne réapparaisse et sans y croire non plus

s’enterrer dans la boue grise, se faire marcher dessus

s’étaler dans la terre, la peau les mains le sable

et tout ce qui y coure qui pourrait s’arrêter

vouloir y rentrer, y pénétrer être terre être mère être bien

trouver du réconfort et s’endormir demain dans les bras d’un jasmin

il pleuvait fort, comme on dort, comme on crie quand un élan de frustration nous atteint et nous plie

il pleut encore, ils courent encore dans la tête, dans les bras sur les cheveux hérissés de la tête, des mouettes

qui tournent en rond

pourquoi justement le sucre, le chaud, le tiède et le doré ?

 

et puis oui, repartir, prendre ses jambes à son cou

et se mettre à courir et même se mettre à rire s’envoler dans ses ailes que l’on cache aux passants que l’on cache cache tant que l’on cache pourtant

et ne plus s’oublier, prendre le temps de s’aimer, de s’ouvrir de grands bras d’y passer le printemps comme lorsqu’il fut un temps

où j’découvrais la vie, où j’apprenais les mots

aujourd’hui ce ruisseau qui emporte les pensées, je les laisse couler et elles suivent son flot, c’est pire que la magie c’est pire que tout cqui vit

je ne comprendrais rien mais je me sens si bien que je vais m’envoler que j’ai peur de couler que j’ai peur de tout tous les jours et toujours alors je redescends

calmement

pourquoi dans une tête de cette taille là y’a tant et tant de sentiments de fouillis d’idées et des tas de pensées ?

et le cœur qui suit pas …

L'heure bleue

au ventre de la terre

où tous les chats sont gris

on oublie la misère

on oublie et on rit

sans toit et sans fenêtres

pour s’aérer la tête

on oublie l’temps qui passe

on garde c’qui ne jamais lasse

on garde tous les sourires

la corde tendue des sentiments

que l’on fait jouer souvent

qui tire nos soupirs

on a le ciel comme veilleuse

mais on s’endors le jour

après la levée merveilleuse

de la lumière dans la cour

alors au fond d’un vieux fauteuil

dans le cœur un sourire

on a jeté tout orgueil

et on recommence à vivre

 

01/05/2006

Méthodes sioux

y’en a qui crient, qui pleurent

qui mordent la terre pour passer la douleur

y’a ceux qui s’étouffent dans les sanglots

qui ne respirent plus, la tête dans l’eau

j’en connais qui ne s’arrêtent plus

de parler, dérouler les mots

on peut aussi partir, courir, ne plus rien dire

ou laisser filer et repartir

un matin sur un air nouveau

voir ce qui suit, s’il fait beau

moi je redémarre mais à l’envers

à reculons, je change mon univers

et en faisant le compte à rebours

je replace en moi tous les morceaux

écrire

mêler les idées, les nommer

transcrire ses pensées

pas à pas, doucement

puis le rythme se prend

chemin de fer

train en route

et tout s’accélère

le récit fonce

bouscule l’air

pour une destination sans issue

dont on sait peu le contenu

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