27/10/2008
à tâtons
j’effleure les mots aux odeurs profondes
caressant la douceur
frissonnant de l’ampleur
un puit de senteur
je marche à pas nus sur le parquet de l’autre
la plante des pieds
frôlant tout doucement
ne pas déranger
je m’arrête dans un souffle, impressionnée
ne plus bouger
puis je recrache l’air
et me désaltère
j’ose, je retiens, et puis je donne tout en deux mots de rien
je stoppe le flot
peur de l’inondation
la déraison
j’écoule doucement ce breuvage qui en moi
régulièrement me noie
perfusion singulière
discrète et familière
je pose un pas de plus mais n’y mets pas le poids
d’une avancée
en volée, d’une course
à pied
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